L'Elfe qui devint Homme est un roman de Fantasy, déposé à la Société des Gens de Lettre sous le n° 2007.08.0008. Texte original, inédit, propriété entière et exclusive de son auteur.
Oui, c’était Kev, mon Kev, mon petit frère grandes oreilles avec plein d’énergie, de l’humour, un peu particulier, qui m’envoyait
cette pensée calme et inquiétante à la fois ! A la joie de le sentir si vivant, si proche, je lui expédiai une bonne bouffée de tendresse. Mais je [...]
Je revins à moi en sursaut, et me retrouvai presque nu, en pagne, assis sur la paille malodorante d’un sombre cachot, Kev allongé près
de moi. Une odeur d’urine et d’excréments me sauta au visage, tandis que des gémissements me firent prendre conscience de la présence d’autres [...]
« Pourquoi ne les avons-nous pas sentis ? demandai-je.
- Parce qu’ils n’ont pas d’âme. Parce qu’ils sont d’une race inconnue. Souviens-toi de l’attaque des Orques : j’ai pu les approcher sans qu’ils se méfient, ils ne connaissaient pas mon odeur
et ne me prenaient pas pour un [...]
Je descendis de cheval et rejoignis Kev. Il se retourna lentement, et je criai : « Kev ! ton visage ! - Quoi ? demanda-t-il. - Il brille ! - Ah, dit-il, oui, c’est possible. - Kev, que s’est-il
passé ? Pourquoi ne les as-tu pas sentis venir ? Comment as-tu fait pour l’épée ? Quelle est cette [...]
Notre destin à tous les deux nous dépassait. Étions-nous trop plongés dans nos pensées ? Avions-nous baissé notre garde ? L’attaque nous surprit alors que nous chevauchions tranquillement
dans un sous-bois paisible, vers midi, sous les trilles des oiseaux et le chuchotement du vent [...]
Les rebelles qui avaient vu deux ménestrels larmoyants être livrés à leurs dirigeants, virent deux hommes en noir et masqués quitter leur refuge, accompagnés par leur chef. De Alna nous salua de la
main, puis nous tourna le dos, tandis que nous nous engagions dans le défilé qui protégeait le [...]
Kev et de Alna, aussi choqués que moi par ces révélations, m’approuvèrent de la tête. Pour ma part, j’aurais préféré ne rien savoir. La mémoire du monde, gardée en la mémoire des Elfes du Nord,
faisait craquer en moi des frontières que j’imaginais intangibles. Notre monde était bien plus [...]
« Mort ? s’écria de Alna. Mais…
- Désolé, dit Kev, je n’ai pas pu faire autrement. Il possédait une magie noire et primitive, mais ses barrières mentales étaient si fortes que j’ai dû passer en force. Je n’aime pas tuer, mais je
n’avais pas le choix.
- Qu’as-tu appris ? [...]
Une tenture tendue derrière le trône révéla un passage secret, donnant accès à un vestibule, puis à des appartements sommaires, ceux de de Alna. Nous nous y retrouvâmes, Kev, lui et moi, et il nous
fournit de quoi nous habiller. Il nous donna aussi des épées et des dagues. Tout en nous [...]
Ils me regardèrent tous comme si j’étais fou. Un dénommé Karlac, baron de son état, se racla la gorge et dit :
« Hem, pardon, Monseigneur, mais il y a une donnée essentielle que vous ignorez encore. Les envahisseurs, soldats comme colons, ne nous sont pas seulement supérieurs [...]
L’information mit un certain temps avant de s’ancrer en moi. Quand enfin elle y parvint, c’est d’un ton presque hystérique que je m’écriai :
« Quoi ? Reanon, détruite ? Impossible, voyons ! Ses remparts, sa forteresse, il faudrait cinquante ans pour la démonter ! [...]
Nous arrivâmes devant une porte de fer, gardée par deux soldats en noir, armés de hallebardes. L’un des gardes de la porte fronça les sourcils en me voyant, ouvrit la bouche puis la referma.
« Ouvrez, dit Tian. »
L’huis grinça et révéla une grotte longue et étroite, de chaque côté [...]
A la tombée du jour, alors que manifestement nous approchions, on nous mit des pièces d’or sur les paupières, retenues par des bandeaux noirs, pour nous empêcher de voir la route empruntée. Nous
approchions d’un zone escarpée, mais, un peu perdu, je n’étais pas sûr de reconnaître l’endroit. [...]
J’étais assis sur une souche et chantais avec entrain la « Complainte de l’oliphant », quand une flèche se planta à mes pieds. Kev, qui m’accompagnait au flûtiau, poussa un cri strident
digne d’une chambrière se faisant pincer les fesses. Je restai plus calme, mais semblais malgré [...]
Nous étions tranquillement en train de dîner, assis dans une clairière, au cœur de la forêt, quand il dit :
« Elian, tu les perçois ?
- Je crois, dis-je, c’est comme une ombre qu’on voit du coin de l’œil, mais que l’on ne parvient pas à fixer.
- Ah oui, dit Kev, ça fait un [...]